La Direction de la sécurité publique de Polynésie française a rendu public, en ce début mai 2026, un bilan préoccupant de la sécurité routière : 32 accidents ont été enregistrés depuis le 1er janvier, dont plusieurs mortels, le dernier en date à Papara le 27 avril. Ce chiffre place la Polynésie sur une trajectoire annuelle préoccupante, supérieure à celle de 2025 à la même période.
Les causes identifiées par les enquêteurs reflètent des comportements à risque persistants : somnolence au volant, excès de vitesse, consommation d’alcool et de stupéfiants, et usage du téléphone mobile constituent les principaux facteurs des accidents graves. Certains tronçons de route sont particulièrement concernés, notamment le PK40 de Papara, régulièrement cité dans les rapports d’accident, ainsi que plusieurs sections de la RDO (Route de Dégagement Ouest) à Faa’a et Punaauia.
En réponse à cette situation, le Haut-Commissariat et le gouvernement du Pays ont annoncé le déploiement conjoint d’une campagne de contrôles renforcés à partir de la semaine du 4 mai, avec des points de contrôle fixes et mobiles sur les axes les plus à risque. Des radars mobiles supplémentaires ont été commandés et seront opérationnels avant la fin du premier semestre. Une campagne de sensibilisation ciblant les conducteurs de deux-roues — surreprésentés dans les statistiques d’accident — sera déployée dans les établissements scolaires et sur les réseaux sociaux.
Le secteur assurantiel local soulève depuis plusieurs années la nécessité d’une réforme du système de permis à points en Polynésie française, inexistant en l’état actuel de la réglementation. Cette lacune prive les autorités d’un levier de sanction progressive pour les conducteurs récidivistes. La question est inscrite à l’agenda de l’Assemblée pour la session de juin 2026, avec le soutien de plusieurs groupes politiques au-delà des clivages habituels.
Pour les entreprises de transport et la logistique, la sécurité routière représente également un enjeu économique direct : les accidents génèrent des coûts indirects estimés à 2,8 milliards de FCFP annuels en termes de pertes de productivité, de soins médicaux et de dommages matériels. Les fédérations professionnelles du transport ont apporté leur soutien aux mesures annoncées et s’engagent à former leurs conducteurs aux nouvelles normes de sécurité dès le troisième trimestre 2026.
