Le Vice-rectorat de la Polynésie française a publié ses statistiques annuelles sur le décrochage scolaire, faisant état d’une progression de 3,2 points dans les archipels éloignés sur l’année 2025-2026, après deux années consécutives de stabilisation. Dans les Marquises et certains atolls des Tuamotu, jusqu’à un élève sur cinq ne complète pas son cursus secondaire, un chiffre nettement supérieur à la moyenne nationale.
Les causes identifiées par le Vice-rectorat sont multiples et s’alimentent mutuellement : éloignement géographique, offre de formation insuffisante au-delà du collège, difficultés de logement pour les élèves issus des îles sans lycée, et attractivité limitée du marché du travail local pour les diplômés. Le transport aérien interinsulaire, dont les tarifs ont progressé de 12 % en 2025, pèse directement sur les familles qui envisagent de scolariser leurs enfants à Papeete.
Le gouvernement a annoncé en réponse un plan d’urgence comprenant l’extension du dispositif d’internats renforcés et le déploiement accéléré de l’enseignement à distance via la plateforme numérique territoriale. Dix-huit postes d’enseignants supplémentaires seront affectés aux archipels prioritaires dès la rentrée de septembre 2026. Des discussions sont en cours avec l’État pour un co-financement de la réhabilitation des établissements dans les îles les plus isolées.
Au-delà des chiffres, la question du décrochage scolaire engage l’avenir économique du territoire : une main-d’œuvre qualifiée est la condition sine qua non de la montée en gamme des secteurs touristique, agricole et technologique. Les entreprises locales signalent depuis plusieurs années une difficulté croissante à recruter des profils formés, forçant certains secteurs à faire appel à de la main-d’œuvre expatriée. L’investissement dans l’éducation dans les archipels est ainsi aussi un enjeu de compétitivité économique territoriale.
